La visite du musée se décline suivant neuf thèmes qui entraînent le visiteur sur les pas des cathares, à travers bourgs et châteaux du pays occitan, au rythme de la société féodale, de la croisade et de l'Inquisition.
Ainsi, le voyageur de la mémoire rencontre avec simplicité et sans concession, les réalités humaines de la foi cathare et de son histoire: des visages, des paroles qui ont un sens, des noms restitués, des images qui éclairent...
La terre et les hommes:
le sud albigeois au 11e siècle.

La silhouette du village fort d’Hautpoul, garde
l’empreinte de son passé médiéval. Tête d’une importante seigneurie
vassale de la vicomté Trencavel d’Albigeois, au nœud d’un dense
réseau de forteresses féodales, la bourgade reste un bel exemple de
castrum occitan...
Une nouvelle hérésie est née en ce monde
Le mot "hérétique", après une longue désuétude
pendant tout le Haut Moyen Âge, réapparaît sous la plume des moines
dans le vocabulaire de la période agitée qui suit la décomposition
de l’empire carolingien, dès la fin du Xe siècle. Il faut dire que
la période de l’an Mil est hantée du combat de l’archange et du
dragon.

Le catharisme occitan est né en Albigeois
Si, dans la seconde moitié du XIIe siècle, la persécution
semble mettre un frein à la dynamique des communautés hérétiques de
France et de Germanie, celles de Languedoc et d’Italie, en pleine
expansion, se structurent en Églises ou évêchés et multiplient leurs
maisons religieuses au sein des bourgades. Dans les comtés occitans,
l’Église la plus anciennement implantée est celle d’Albigeois.
La promesse d'un salut chrétien
La foi des bons hommes se pratique au quotidien, en
complément plus qu’en opposition à celle du curé. Ils prêchent et
sauvent les âmes. Ils prêchent sur les Écritures, qu’ils lisent et
commentent en langue romane, et non dans le latin des clercs,
mettant ainsi l’Evangile à la portée de tous. Mais leur
interprétation et commentaires de la Bible est dualiste : un
dualisme chrétien, qui vise à innocenter du mal, et aussi du monde,
le Dieu d’amour annoncé par le Christ.
L'irruption de la violence
En 1208, dans le cadre de sa politique de mise en ordre
de la chrétienté, le Pape Innocent III appelle les guerriers
chrétiens à une guerre sainte contre les princes occitans, coupables
de protéger l’hérésie : Raimond VI comte de Toulouse et son neveu
Raimond Roger Trencavel, vicomte d’Albi, Carcassonne et Béziers. De
cette croisade des barons, le roi de France, fera à partir de 1226,
une guerre de conquête, rattachant Carcassonne et soumettant
Toulouse.

L'Inquisition
Sur le Languedoc militairement soumis, la papauté
installe à partir de 1233 le tribunal religieux d’exception de
l’Inquisition. A la fois confesseurs, enquêteurs et juges sans
appel, les inquisiteurs ne dépendent que du pape seul. Leur mission
: éliminer l’hérésie des consciences, traquer et condamner les
hérétiques.
L'hiver du catharisme
Dans les premières années du XIVe siècle, après vingt ans
de guerre, deux changements de pouvoir et trois générations de
traque inquisitoriale, on peut croire le catharisme moribond en
Occitanie. Ses braises ne demandent pourtant qu’un souffle pour se
réanimer. Pèire Autier et sa petite Église manqueront de peu d’y
parvenir.

Mémoire vive du catharisme
« Il y a deux Églises L’une fuit et pardonne, l’autre
possède et écorche ».Pèire Autier.
(reconstitution d'une foganha, maison paysanne à Hautpoul)
La fin d'un monde
C’est désormais le temps du roi, mais aussi des ordres
Mendiants, du Christ souffrant, du Thomisme, des pestes et des
grandes compagnies. Mazamet, ville de la plaine, prend son essor –
et Hautpoul, l’ancien castrum, demeure village. Tout souvenir du
catharisme est oblitéré, mais, en Albigeois, la neuve Réforme éclora
souvent en ses anciens repaires.